Vodoun
Les vodouns, non seulement s’intéressent aux hommes, mais en ont besoin. D’où ces multiples et fréquentes cérémonies pour des circonstances diverses, très souvent répétées qui ont pour but essentiel de se concilier les faveurs des vodouns et des mânes des ancêtres.
Aussi, contrairement aux grandes religions révélées importées, on ne prie pas pour l’âme de « ceux qui ont quitté ce monde » et » cette vallée de larmes », mais plutôt, on prie l’esprit des héros et ancêtres défunts, comme les vodouns, pour solliciter leur intervention et action, en vue de la concrétisation d’une intention précise en faveur d’un vivant.
Les ancêtres défunts et les vodouns sont sollicités et priés pour aider au succès et à l’épanouissement du vivant, en lui communiquant l’énergie vitale, la vertu et les moyens nécessaires à la réalisation heureuse de tel ou tel projet, faveur, situation, etc. On a aussi recours à eux pour protéger un vivant incriminé, contrarié ou menacé en detournant de lui les malheurs ou difficultés qui planent et pèsent sur sa vie, sa profession, son avenir, son destin, etc.
L’on comprendra aisément que de pareils rites sacrifices de relation avec les vodouns exigent la méditation de spécialiste appelés très mal à propos « féticheurs ». Il s’agit de véritables prêtres, par leurs expériences, leurs connaissances, leur formation et leur situation. Ils doivent necessairement acquérir et posséder, par une formation appropriée, les forces vitales nécessaires pour cette fonction de médiateur sacré.
Ces prêtres forment un véritable clergé, bien hiérarchisé, discipliné, avec les méthodes et le cérémonial d’initiation et de consécration. Ils se constituent en de très influents collèges sacerdotaux qui conditionnent très sensiblement le comportement psyco-social des populations.
Les rites se réduisent essentiellement aux sacrifices-libations qui ont pour intention et but de mobiliser et de transférer « l’élan vital » et les « forces cosmiques » au triple bénéfice du vodoun auquel on s’adresse, du prêtre sacrificateur et de la personne pour qui on officie. Tout cela grâce au « verbe », c’est-à-dire à des paroles liturgiques et sacrées, puisque, dans la philosophie, et à plus forte raison dans la théologie négro-africaine, la parole a une puissance essentielle et le verbe humain peut être créateur.
A côté des prêtres-du-vodoun, il faut mentionner l’existence d’homme particulièrement « doué » et qualifiés soit pour interpréter les désirs des dieux et donc « connaitre » et « dire » l’avenir ; soit pour sonder les causes et rechercher les auteurs de certains méfaits.
On les appelle bokonon. Ils utilisent le Fa (oracle). Devins géléralement doublés de guérisseurs, les bokonons fabliquent et font porter des bagues, des amulettes, talisman de toutes sortes et aux usages divers que le vocabulaire européen appelle communément « gris-gris ».
Toutes les formes d’expression de l’aminisme béninois ont été, par la traite des esclaves, importées en Amériques. Déjà, de nombreuses études ont été réalisées établissant l’exacte similitude entre la réligion traditionnelle béninoise et les cultes vodouns actuellement répandus et vécus par exemple à Cuba, au Brésil et en Haïti.
Cependant, il importe de souligner que les prêtres-du-vodouns et les « Bokonons » n’ont rien à voir avec la sorcellerie. Ce fut la grosse erreur des missionnaires chrétiens européens jusqu’à une date récente. Contrairement aux prêtres-du-vodouns et aux « Bokonons » qui sont acceptés, consultés, et sollicités pour les services qu’ils rendent à la communauté, les sorciers sont des êtres possédés par une maléfique volonté de puissance et de destruction et qui, par conséquent, sont craints, dénoncés, méprisés et sévèrement punis par la société.
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